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LE CLAPOTIS DES JOURS

Pourquoi ce titre ?

Parce que le « clapotis » nous titille l’oreille et éveille notre curiosité ? Peut-être… Mais allez voir en bas de page : vous y trouverez la réponse !


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AOUT 2017 - BOUGRES DE FAUX JETONS A LA SAUCE TARTARE !

Sainte Thérèse d’Avila écrit pour ses moniales une lettre avec ces mots : « Mes sœurs, souvenez-vous, Dieu va parmi les marmites en cuisine ».
Qu’à cela ne tienne, nous sommes donc descendues en cuisine, mais dans les cuisines de notre pays la France et là, mille millions de mille sabords, quelle tambouille nous avons découvert !

En effet, l’objectif était (et malheureusement demeure toujours) d’aider notre vieil ami Mérez, d’origine tunisienne, vivant en France depuis une quarantaine d’années et ayant de ce fait, acquis la double nationalité française/tunisienne. Reconnaissons toutefois, si ce sympathique jardinier et plongeur en restaurant a toujours travaillé, cotisé et vit maintenant d’une modeste retraite française obtenue en bonne et due forme, il n’est pas devenu un grand champion de notre langue. Dans des conditions similaires, deviendrions-nous forcément des pros de l’arabe ?... Pas certain en ce qui nous concerne ! Mérez se fait comprendre et comprend le langage quotidien ; il a tissé des liens avec des familles françaises devenues ses amis. Veuf depuis quelques années, Mérez vient de se remarier « au pays » avec une femme ne portant plus le voile et voudrait, cela semble légitime, faire venir son épouse Wahiba en France. Il a un logement et les moyens de subvenir à leurs moyens à tous deux.
Bien.
Mérez ne comprenant rien à l’administration française et le Consulat à Tunis ne mettant aucune bonne volonté à l’aider, voici que nous entrons en lice. Car c’est bien d’un vrai combat dont il s’agit. Disons-le haut et fort, malgré ses récentes grandes déclarations officielles, la France semble tout faire pour verrouiller l’entré de tout étranger en France, fût-ce la femme d’un français solvable !
Mais peut-être y a-t-il « FRANCAIS » et « français ?
Le combat commence pour obtenir à Nantes la transcription du mariage tunisien sur les registres français : une liasse de papiers est à réunir, une montagne même ! Puis, il faut s’attaquer à la demande d’un visa de longue durée. Et pour cela, il est nécessaire d’ajouter à la première montagne : des copies de visas, un livret de famille, des attestations d’hébergement (3 !), une lettre d’établissement, des formulaires pour le consulat, des formulaires pour l’OFFI, des extraits de casier judiciaire, des timbres fiscaux bien entendu, et j’en passe !! Le tout, photocopié plusieurs fois et traduit officiellement en français, ce qui n’est pas gratuit on s’en doute !
Et voilà : quand les différentes administrations ont fini par bien vouloir délivrer, toujours au compte-gouttes, leurs paperasses… la validité de deux mois de l’acte de transcription du mariage est expirée… Retour à la case départ comme dans un Jeu de l’Oie infernal !
Mouvement perpétuel ou arrêt perpétuel à nos frontières solidement défendues par l’Administration ? La question est posée.

Nous ne désarmons pas. On fera TOUT pour que Wahiba rejoigne son mari. Sentant notre détermination, Mérez, musulman, s’est écrié « Vous êtes des cadeaux de Dieu ! ». Voilà un des plus beaux compliments reçu à ce jour… Ainsi Dieu se trouve effectivement parmi les marmites brêlées de la cuisine administrative française. Que cela se sache !

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AOUT 2017 - DEGUSTER

Il était utopique de planter piments, courgettes, tomates, aubergines, fraises, framboisiers… dans notre bout de prairie qui porte si bien son nom d’Arbaila ou fondé sur du caillou.

Mais sans doute Michelle s’est-elle promis de ne jamais cesser d’aimer, quoiqu’il arrive, la terre qu’elle a sous les yeux et surtout dans les mains. Et, non sans sueurs, ampoules et courbatures, le miracle est advenu : nous nous régalons !
Le croquant, le goût, la quantité de jus, l’imprégnation des papilles, le parfum qui subsiste une fois qu’on a avalé le fruit ou le légume, tout nous réjouit.


Les petites quantités récoltées favorisent la dégustation des saveurs ; le merveilleux travail de nos amis Christian et Odile, récemment installés en vrais professionnels de l’agrobiologie, à quelques kilomètres de chez nous, contribue bien à propos à nous combler aussi.

« Mon vœu le plus cher est que chacun des légumes que je cultive arbore son plus beau sourire et montre ainsi le meilleur de lui-même, le meilleur absolu » écrit le grand jardinier Asafumi Yamashita. Du côté de chez Michelle, Christian et Odile, le pari est d’ors et déjà réussi.

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JUILLET 2017 - LE PLAISIR DE PRATIQUER L’HOSPITALITE

Le Français dit si bien les choses : un même mot, « hôte », désigne à la fois le maître de maison et son invité. Qui est alors l’hôte de qui ? Qui donne et qui reçoit ?
Depuis la fin de l’hiver, notre petit gîte nous permet désormais pleinement, de donner corps à l’accueil mutuel.
Accueillir grâce à un gîte prévu pour cela est une bonne école pour garder un esprit de débutant ; car les liens sont toujours à commencer et recommencer. Une famille part. Une autre arrive avec des attentes différentes. Un style de vie qui n’a rien à voir avec les hôtes précédents.
S’adapter avec une exigence rigoureuse fait partie de notre joie.


Au XIIe siècle, Kamo no Chômei écrit un petit texte, devenu célèbre : Souvenirs de ma cabane de moine. Ancien grand dignitaire à la cour impériale, cet homme sage avait décidé de se retirer dans la montagne. Il prit alors le temps de remarquer combien les oiseaux semblaient à l’aise dans l’air et combien les poissons étaient agiles dans l’eau. Et il se demanda pourquoi de leur côté, les hommes ne semblaient jamais être dans leur élément. Ils marchaient souvent accablés, avec le poids de l’univers sur leurs épaules. Où pourraient-ils bien être dans leur élément ?
Rikyu, quelques siècles plus tard, finit par répondre : L’élément de l’homme est la convivialité.
Ce qui se déroule dans l’épaisseur, jamais banale, de l’hospitalité quotidienne.
"La voie ? Ton cœur ordinaire" (Rinzaï)
En avant donc !

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JUILLET 2017 - INTERNET ET NOUS

Un mois de panne d’Internet, accompagné d’un « léger » sentiment d’usure quand il s’est agi de voyager des heures durant par téléphone en pays Orange pour tenter de résoudre le problème, fut à notre programme en ce mois de juillet.


Dans un milieu rural pas assez peuplé pour être rentable, relancer une entreprise pourtant sensée nous réparer dans les 8 heures, en vertu d’un contrat professionnel dont le prix pèse son poids (« prudence est mère de sûreté », croyait-on naïvement), est un feuilleton dont les épisodes se ressemblent hélas beaucoup trop pour tenir un public en haleine !

Mais un mois sans connexion à la maison c’est aussi un mois pour prendre le temps de sortir quotidiennement de chez nous et partir à la cueillette ici et là de nos mails. Ce qui revient donc à dire : un mois pour retrouver la poétique du corps, tout en contrecarrant l’illusion de l’urgence.
Un mois aussi pour mieux prendre conscience de la formidable utilité de l’outil numérique et en même temps, un mois pour nous rappeler combien il est nécessaire de relire régulièrement nos pratiques et repérer tout aussi bien ce qui construit, enrichit, facilite et ce qui nous berne et nous appauvrit
La question est finalement toujours la même : en vue de quoi nous connectons-nous ? Jusqu’où désirons-nous être connectés et comment ? Quelle parole écouter, offrir et partager ? Quelle parole taire ? Et ce faisant, quelle communauté humaine construire en ce lieu-là ? Etre connecté est-ce toujours être relié ? Une forêt de questions au milieu de laquelle Orange nous a « invitées » à nous promener longuement. Tout le temps nécessaire pour faire de belles randos nous fut offert gratuitement. C’était juillet, chaud et sec, ça tombait bien non ?

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JUIN 2017 - DEPUIS LA BRETAGNE

Des amis sont venus se ressourcer et nous ont laissé ce poème



Subtil
Gracile
Facile
Fragile
Tranquille
Lexomil
Ile
Cil
Pile
Profil
Idylle
Argile

Avec vous les espaces et les sentiments.
Merci, c’étaient de chouettes moments ensemble et avec vous.

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MAI 2017 - VOYAGE AU PAYS DU TOUCHER



Notre peau est ce qui nous sépare du monde tout en nous y reliant. Elle nous donne notre forme individuelle, nous protège, nous rafraîchit ou nous réchauffe selon les besoins, retient nos fluides, produit de la vitamine D… Elle se renouvelle constamment et se reconstitue si besoin est.
Elle pèse de 3 à 5 kg et c’est le plus grand des organes de notre corps.
Plus merveilleux encore : nous ne nous contentons pas d’avoir des empreintes digitales uniques, il n’est jusqu’aux pores de notre peau qui ne soient également uniques.
Notre peau représente 16 % du poids de notre corps et couvre plus d’1,60 m² !
Enfin, c’est en elle que réside le sens du toucher

Un groupe de réflexion et de parole est venu de la Côte (basque) jusqu’ici faire un voyage inédit au Pays du Toucher : volupté pour les uns, légère épreuve pour les autres ; émotion pour tout le monde.

Dans la parole se joue quelque chose de notre humanité et en ce sens, elle n’a pas de prix.
Dans la parole, on s’engage, c’est-à-dire, étymologiquement, on laisse en gage ; on offre une trace pour les autres.

Tous auront cependant redécouvert que le toucher, avec son exigence propre, est engagement aussi. Et que l’on répond de son toucher comme de sa parole.
Ceux qui parlent s’engagent.
Ceux qui touchent s’engagent.
Parole et toucher mettent en jeu un engagement commun.

L’objectif de la virée en pays du toucher fut atteint.
Restait à festoyer dans les rires. Nous l’avons fait !

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AVRIL 2017 - VISITE DU BOUT DU MONDE

Le printemps est propice aux visites et celui-ci, qui fut particulièrement ensoleillé après Pâques, ne fit pas exception à la coutume.
FARIS, jeune cousin de Suad que vous connaissez bien maintenant, est venu de Bilbao passer quelques jours avec nous, découvrir un autre visage du Pays Basque, rural et montagneux.
Quand on a 20 ans à Ramallah et qu’on n’a pas encore eu la chance de quitter son pays microscopique et en miettes, on n’a jamais vu la mer –sinon de très loin, en grimpant sur la plus haute colline de Tulkarem- on n’est jamais non plus entré dans Jérusalem.
Décider et obtenir une bourse pour aller étudier six mois à Bilbao, c’est soudain ouvrir une grande fenêtre sur le monde, découvrir ce que c’est de se déplacer librement sans être arrêté tous les 10 kilomètres par des check-points tatillons, pouvoir prendre un bus de nuit et se sentir en sécurité, traverser une frontière sans avoir à sortir ses deux passeports, sa carte d’identité, son autorisation de sortie du territoire et…. Quoi encore ? c’est aussi découvrir un horizon qui n’est pas coupé par des kilomètres de murs, c’est pouvoir aller à la plage aussi souvent qu’on en a envie, prendre un vélo, un bus, aller voir des amies de sa tante, grimper en haut des montagnes et respirer à pleins poumons !

Faris est un garçon déterminé, curieux de tout, intelligent et observateur.
Faris fait des études d’ingénieur et aime « trouver des solutions là où il y a des problèmes ». Il aimerait bien construire ou réparer les avions (pour s’envoler loin ?). Il a été fasciné par le vol des vautours et a remporté en souvenir des grands espaces de ciel une grande plume de l’un d’eux dans son sac à dos.
Il nous a appris à danser la debkkae palestinienne (dans sa version la plus simple s’entend !), comment enrouler convenablement un keffieh sur sa têtes pour se protéger du soleil, du vent et enseigné la symbolique des couleurs et des motifs de cette coiffure selon les pays, fait goûter le vrai café à la cardamone, cuisiné salades et omelettes à la mode de chez lui…et bien sûr mis les mains dans l’argile.



Pendant trois jours, Arbaila a vécu avec un parfum d’Orient dans ses murs. « Le seul risque » nous a-t-il confié avant son départ, « c’est, quand je vais rentrer à la maison, d’avoir un peu l’impression de rentrer en prison ! Mais j'ai bien envie de revenir vous voir.»



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MARS 2017 - AU PRINTEMPS, LES VACHES ARRIVENT DANS LES PRES ET SUR LES MURS

Si les prairies commencent à s’émailler des taches blanches des brebis et du beige des Blondes d’Aquitaine, OLGA quant à elle est grimpée sur le mur de notre maison et entend bien y rester ! Olga est l’œuvre de Jean l’Artibricolo, passionné par l’argile ; nous vous parlions de ses expérimentations en octobre dernier (voir ci-dessous). (https://www.facebook.com/jean.artibricolo)

Invitées à nous arrêter dans sa maison familiale en Vendée, dont les murs sont couverts d’œuvres créatives, les siennes et celles de son épouse, nous avons pu nous émerveiller de ses tentatives brillamment réussies avec de l’argile récupérée au fond d’un lac mis à sec pour un nécessaire nettoyage et cuites avec patience dans son poêle à bois ! De véritables œuvres d’art sont nées

Et nous sommes reparties avec Olga dans notre camionnette, qui fort heureusement ne pesait pas ses 800 kg habituels car elle est le fruit de l’inépuisable imagination de Jean et de son aptitude à donner une seconde vie pleine d’humour à de vieux outils et ustensiles de cuisine. Olga accueille désormais nos visiteurs avec ses grands yeux ingénus et ses grandes oreilles. Et maintenant quand vous toquerez à notre porte surtout prenez le temps de lui répondre par un sourire.



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DECEMBRE 2016 - NOEL APPROCHE

Puisque nous en sommes aux mercis, continuons.
J’ai appris hier que le mot « métier » étymologiquement signifiait : « ministère mystérieux ».
Et de fait, nous entrons dans le ministère mystérieux de l’art d’empaqueter.
Car Noël approche. Nous avons laissé rêver l’argile et elle s’est transformée, par la grâce conjuguée des mains et du feu, en pots ; de toutes tailles ; de toutes couleurs ; ils vont alors délicatement se poser sur nos étagères : premier miracle.
Quand ces mêmes pots, jusque-là en attente anonyme, se transforment en cadeaux choisis pour des visages singuliers, nous entrons alors dans le second miracle.
Merci aux acheteurs qui, presque sans bruit, nous aident ainsi à être plantées là, quartier Gibraltar, Atelier d’Elordoï, et à y rester !

Leur fidélité discrète nous va droit au cœur.

Merci enfin aux plus inventifs d’entre eux qui n’hésitent pas à faire leurs emplettes à distance : la recette est simple : nous envoyons des photos des dites étagères, ou mieux une sélection de réalisations qui pourraient convenir et une fois les choix faits, Michelle fait les paquets et expédie au destinataire (qui peut être différent de celui ou celle qui commande).
Il faut beaucoup de métier pour cela car le voyage postal est risqué ; mais nous assumons les risques ! Et c’est là que Michelle entre donc en ministère mystérieux et le troisième miracle, c’est que ça marche !



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NOVEMBRE 2016 - LA VOIE DES FLEURS



Au milieu d’un week-end consacré au livre de Ruth, nous avons lâché stylos et boules d’argile pour nous laisser guider par Marie-Thérèse Carles dans l’art du jardin. Nouvelle et merveilleuse expérience : Marie-Thérèse, qui a voyagé jusqu’au Japon pour se former, enseigne depuis longtemps la voie des fleurs.
Des liens d’amitié nous réunissent, ainsi qu’à sa communauté, et cela ne date pas d’hier.
Du coup, chez elles, c’est un peu chez nous et réciproquement.
Chaque année, l’automne nous ramène à Pessac, où toute la communauté nous accueille sous son toit pour deux jours conviviaux et œcuméniques de travail biblique et artistique.
Mais cette année, la collaboration s’est faite encore plus étroite pour la plus grande joie de tous.
Dimanche matin, sécateurs en main, nous avions mission d’aller observer toutes les fleurs, plantes et feuillages du parc pour ne choisir que ce dont nous aurions besoin pour créer un bouquet évoquant la vie jaillissante… déjà en hiver.
Eviter d’avoir à utiliser la poubelle, choisir un style (naturel ou symbolique), puis un vase dans les trésors de l’atelier de Marie-Thérèse… et se lancer ; sans se laisser compliquer intérieurement par trop de méthodes ni par les doutes et les hésitations qui vont avec !
La beauté émane de l’intérieur et procède de l’ordinaire d’un jardin.



« La simplicité est inépuisable » nous a convaincus Marie-Thérèse. Nous voilà donc tous partis en promenade faire notre cueillette, nos regards rendus à leur fraîcheur.
Et nous avons appris ceci :
….. Une fleur est belle, dix fleurs sont jolies, cent fleurs sont vulgaires, la profusion étouffe le souffle
Et nous avons appris cela :
….. Créer selon le vide, voilà la vraie création. Si la végétation est la chair du bouquet, le vide est sa moelle.
Et nous avons encore appris
….. qu’à l’automne, les arbres, préparent leurs bourgeons. Le soleil s’affaiblît et baisse mais déjà la vie prend le dessus.
Et encore
….. que le fond blanc d’un mur est un espace de déploiement pour le bouquet : alors les murs ne sont plus des murs…
Et toujours
….. combien il est important d’aller dans le sens de ce qui est, de ce qui pousse : créer, c’est d’abord accompagner le vivant.

Nous nous sommes sentis les bienvenus dans le jardin, l’atelier et la serre de Marie-Thérèse et quelle ne fut pas notre joie de voir de nombreux vases façonnés par nous, les potières de Saint Palais, en attende d’être choisis par les « jardiniers » de sensibilité Zen que nous avons été une matinée durant, transfigurés par des bouquets lumineux.

L’expérience est à renouveler. Merci Marie-Thérèse.



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OCTOBRE 2016 - DES MAINS QUI DONNENT DES AILES

Chaque année au mois d’octobre, notre atelier en kit dans la voiture, nous mettons le cap au Nord et filons vers la Rochelle, pour animer une formation en partenariat avec le Gerfi, destinée aux professionnels du monde de la Santé et de l’Education.

Chacun retrousse ses manches, travaille assidument et après une semaine d’expérimentation et de réflexion, retourne chez lui, normalement en mesure de monter dans son institution, un atelier terre à moindre coût et d’animer efficacement et durablement l’activité créative.



Le grand bénéfice de l’argile, c’est de découvrir combien rien n’est grave car tout peut se recommencer !
Car : « l’artiste prend conseil de ce qu’il a fait » (Alain).
Les réussites autant que les maladresses relancent, éveillent.
Tout est aventure et point de départ. La si plastique argile peu à peu nous rend plastiques, autrement dit, adaptables ; et ce n’est pas là le moindre de ses cadeaux.

Si former c’est mettre en appétit, avant d’offrir un peu de nourriture substantielle, cette année encore, nous n’avons pas perdu notre temps, du moins à écouter Jean.
Laissons-lui la parole :
« Le plaisir de travailler cette matière est devenu presqu’un besoin ; ça me procure un bonheur immense, dont je ne perçois pas les limites. Les jours où je ne touche pas à l’argile, je réfléchis, cherche des idées de création. Vous m’avez contaminé. C’est un virus bienfaiteur. »
Et encore
« Rien ne sert de vouloir aller plus vite pour gagner du temps. C’est toujours l’argile qui va où elle veut. J’ai bien noté qu’il fallait savoir jouer avec l’imprévisible souplesse de la terre plutôt que de vouloir tout contrôler. Comme je manque d’expérience, il faut tout recommencer encore. Mais rien ne se perd vraiment. J’apprends toujours quelque chose de plus.
Merci encore pour cette complicité avec l’argile que vous avez transmis. Quel bonheur cette matière ! »

Tiens bon Jean. Expérimente. Le potier catalan Artigas disait à qui voulait l’écouter :
« un four sans essai est un four raté ». N’oublie pas !

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AOUT 2016 - « UN SEUL BRACELET NE TINTE PAS »

« Il y a des gens qui ressemblent aux tisons qu’il faut pousser dans le feu pour qu’ils s’enflamment » dit-on en Afrique.

Eh bien ce n’est pas le cas du Burkinabé Christophe, guide, éleveur et chercheur d’or, et de sa compagne Françoise, venus visiter il y a peu dans notre atelier.
Passionnés par les cultures ils le sont, grâce à eux nous avons pu savourer autour d’une table, une des spécialités culinaires du Burkina, à la pâte d’arachide. Une merveille de saveurs.

« Un seul bracelet ne tinte pas » nous prévient Christophe, manière de dire combien il lest donc essentiel d’échanger nos savoirs en toute occasion.
Et c’est ainsi que nous avons appris qu’au pays des hommes intègres :
- L’argile se ramasse dans les mares et les cours d’eau et non dans les carrières ; on la transporte dans des paniers portés sur la tête, puis dans les charrettes tirées par des ânes ou à bicyclette.
- L’atelier est situé dans l’enceinte résidentielle et on ne façonne qu’au colombien.
Christophe n’avait jamais vu travailler au tour. Il ne cacha pas son émerveillement de découvrir visuellement cette technique.
- Les potières du Burkina utilisent de la chamotte de tessons de vielles poteries réduites en poudre ou de l’argile à gros grains, naturellement sablonneuse et parfois elles estampent leurs pièces en creusant directement un grand trou rond dans le sol, qui servira de moule par moulage renversé sur des formes convexes.
- On lisse le bord des pièces en les frottant avec des feuilles d’arbres ou des gousses puis avec un galet mouillé.
- Les décors sont la signature de l’atelier et sont souvent effectués au peigne, à la brindille, au couteau ou à la cordelette. On marque à la cendre les poteries pour empêcher les mauvais esprits de venir casser le travail pendant la cuisson, cuisson qui est réalisée au bois, dans un trou d’un mètre
cinquante de diamètre environ, les pièces sont recouvertes de paille, puis de bois et de crottin et de bouses de vaches, semble-t-il.
- Pour obtenir la teinte noire, les potières recouvrent les pièces d’un mélange végétal gluant (gousses de néré) qui leur donnera un aspect brillant.

Ainsi Christophe et Françoise nous ont fait voyager.
« Allons, chapeaux, gilets, les deux poings dans les poches et sortons ». (A. Rimbaud)

Miracle des rencontres qui nous permettent de nous envoler loin… sans bouger de l’atelier.
« Aucun souhait ne vaut mieux que celui-ci « Que Dieu laisse sur toi le mystère » dit-on en Afrique.
Mystère qui nous donnera envie de nous revoir !

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JUILLET 2016 – LANDEVENNEC



Dans le dialogue quelque peu surréaliste, André Breton demande à Giacometti :
- Qu’est-ce que ton atelier ?
et le sculpteur de répondre
- Ce sont deux petits pieds qui marchent.
Il ne pouvait livrer plus juste définition, tant c’est pas à pas et au jour le jour que toute démarche artistique ou artisanale nous déplace.

Avec un peu d’humour, ajoutons qu’en été et à l’automne, nous glissons quant à nous bien souvent notre atelier en kit dans la camionnette, pour filer autant que les encombrements le permettent, vers des destinations où des artistes en herbe nous attendent.
L’abbaye de Landévénnec dans le Nord Finistère a donc ouvert cette année encore, la série de nos déplacements saisonniers.
C’est là que se fixa Saint Guénolé avec ses compagnons : « un lieu secret au creux de la clairière, tourné vers le soleil levant, le premier tous les ans à pousser ses fleurs et ses bourgeons et le dernier à perdre ses feuilles. Un jardin où récolter les fruits non seulement de la terre mais encore et surtout ceux du ciel… » écrit Gurdisten, Abbé de Landévénnec en 860 dans son récit sur la vie de Saint Guénolé.
Aujourd’hui le moine poète du lieu, frère Gilles, écrit à son tour que dans un tel endroit « nos pas ont la lenteur de la sève et notre sang bat à l’unisson de la forêt. »
Avec ses 15 siècles d’existence, l’Abbaye Saint Guénolé est la plus ancienne abbaye bretonne, aujourd’hui encore habitée par des moines. La nouvelle abbaye fut reconstruite près du site historique entre 1950 et 1965 grâce à la générosité des bretons.
Elle dispose d’un très important fond d’ouvrages et d’archives qui est devenue la « bibliothèque bretonne » et ne cesse de s’enrichir au fil des ans, tant son destin est d’être uni à celui de la Bretagne.
Ainsi, des vies consacrées à Dieu peuvent aussi être des vies consacrées aux hommes et passionnément intéressées par leur culture.



Une fois encore la salle Ty Melen (la maison jaune) grande salle entre bois et mer, mise à notre disposition a permis à un petit groupe énergique de se pencher studieusement sur quelques pages de la Bible et ensuite, de laisser les mains et l’argile devenir deux amies intarissables qui se racontent plein de choses joyeusement !
Bien entendu, tout ceci, dans le respect le plus complet de la liberté de chacun en son chemin spirituel !



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JUIN 2016 - VISITE de SUAD


Que fut grande notre joie d’accueillir à nouveau Suad, qui revient aux beaux jours, fidèlement nous voir, de Palestine ou d’Irak .
Ancienne stagiaire d’Earlham (université Quaker américaine) avec qui nous avons partagé en 2002, atelier et découverte du Pays basque et de sa culture, Suad est devenue depuis une si précieuse amie.
Aujourd’hui, 14 ans plus tard, elle est responsable d’une équipe de 250 personnes en majorité irakiennes, qui travaillent pour une ONG internationale basée pour le Moyen-Orient à Erbil et Damas.
Travaillant avec acharnement et prenant à bras le corps bien des situations de souffrance dans un pays en guerre, quand elle rentre chez elle en Palestine se reposer et voir les siens, c’est encore dans un pays en guerre…
C’est pourtant avec beaucoup d’humour qu’elle nous partage à chaque passage, sa vision politique des événements et la réalité de terrain. Suad ne s’interdit pas le sens critique, ce qui nous stimule à nous interroger avec nos amis et nos voisins sur ce que paix et justice peuvent bien vouloir dire, concrètement, pour nous, aujourd’hui.
Tous, nous avons en commun la volonté de chercher et Suad se charge, de nous libérer des étroitesses de l’émotivité quant aux événements, qui nous prive trop souvent d’un vrai souffle humain et universel.

Un chaleureux merci à cette jeune amie palestinienne et souhaitons-le : à l’année prochaine !

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PRINTEMPS 2016
OUVERTURE OFFICIELLE DU GÏTE D’ELHORDOI



Le mot hôte est intéressant en français car il signifie à la fois celui qui reçoit et celui qui est reçu.
Cette ambivalence est pleine de sens puisqu’elle induit que l’accueillant et l’accueilli sont le revers et l’avers d’une seule réalité : la chance de se rencontrer.

Notre petit gîte, dont nous avons terminé les aménagements en juin, nous permet enfin d’être replongées dans l’émerveillement de découvrir de nouveaux visages venant des quatre coins de France, à la découverte de cette terre encore tranquille même au mois d’août, située entre rivières, mer et montagnes.

Longue vie au gîte d’Elhordoi et aux échanges de culture dont il est vecteur !

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ADICHAT MONIQUE !


Mi-juin, début de l’été ou presque.
Bientôt les brebis, les vaches et les chèvres vont monter dans les estives.
Elles vont là où l’herbe est bonne.
A partir de cette année la transhumance sera sans Monique, l’amie si chère, brutalement partie vers plus haut infini, que sa montagne de Manabaigt.
Avec sa sœur Brigitte, Monique a fait partie des toutes premières femmes à monter en estive avec leurs enfants.
Résolument humaine, bergère, poète aussi, Monique appartenait aux derniers rebelles qui donnent encore un nom à chacune de leurs bêtes.
« Nous ne sommes que de passage », nous écrivait-elle « et pourtant nous voudrions toujours être là et que les amis ne meurent pas… C’est mieux de mourir au printemps. »
Depuis son grand départ, il y a des jours avec et il y a des jours sans. Il y a des jours sans où il faut faire avec et il y a des jours avec où il faut faire sans. Si mourir c’est, au printemps, s’échapper vers la lumière, vivre, c’est continuer à vivre nos vies dans les lueurs, sans lassitude, sans tout comprendre.
Continuer en n’oubliant jamais la lumière qui habitait les yeux de Monique, tout ce temps où il y a des jours avec et des jours sans…



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AVRIL 2016 - VACANCES, ENTRE LES MURS DE L’ATELIER

« Sous un seul arbre une grande terre » dit un proverbe africain.

Quelle joie de voir, en ce printemps, notre atelier élargir ses murs et son toit pour accueillir des langues et des cultures si différentes.

Catalan, castillan, argentin, suisse, écossais, peut être tôt ou tard palestinien car l'affaire est en cours, mais aussi basque, breton, parisien, tous ces accents résonnent encore, transformant notre modeste atelier en une grande terre pour notre plus grande joie.


Les hommes sont beaux de mille langues partagées ensemble mais aussi de mille âges et de mille conditions de santé.

Disons-le à nouveau : nous sommes aussi ravies de voir les vacances entraîner grands mères et petits enfants jusqu'à l'argile. Nous zigzaguons avec bonheur entre les âges qui ont tant à s'apporter mutuellement. La dimension transgénérationnelle de la vie créative d'atelier reste un de nos enjeux préférés.

« Quand Dieu a crée le temps, il en a fait assez » disent encore les africains...


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« SORS ET APPRENDS »

« Sors et apprends » est l'une des devises auxquelles nous tenons et que nous souhaitons très régulièrement honorer. Ainsi se renouvellent nos énergies.

En ce mois d'avril nous sommes donc sorties en terre d'enfants, en terre d'école.
Largenté, institution scolaire bayonnaise s'il en est, a fait appel à nos compétences de potières pour aider des élèves de CM2 à se découvrir, TOUS, sans exception, doués de leurs dix doigts et confiants en les si nombreuses possibilités de leurs mains.

Une semaine entière était consacrée à cet objectif par la maîtresse et nous intervenions, quant à nous, le dernier après-midi, juste avant l'envolée en vacances. Ambiance assurée bien sûr et occasion de ne jamais oublier combien l'enfant est le miracle de la vie, et qu'une trentaine d'entre eux, ensemble, à deux heures de la liberté vacancière et les mains dans la terre, cela devient … le triomphe de la vie !

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AVRIL 2016 - FORUM

Le Samedi 9 avril, nous participions à un forum à Bayonne toujours, intitulé « pour demain » ou en basque « Foroa biharko », une journée pour apprendre à vivre toujours mieux la diversité des façons d'être et de penser.

Nous aimerions partager avec vous l'objectif des organisateurs en reprenant leurs propres mots, tellement ils nous ont semblé bien choisis et de surcroît parfaitement appliqués sur le terrain.
« Il y a des époques où l'on ressent des urgences. Ce qui nous soudait ne tient plus, ce qui nous faisait rêver s'est obscurci. Mais on ne peut vivre sans rêver et on en peut rester seul.
D'où ce forum, foire de rencontres, d'idées, de projets, sans autre règle que l'abandon des préjugés et la liberté pour tous de penser et de croire hors de toute violence. Penser une nouvelle terre, libérer l'Esprit, et vouloir bien vivre ensemble, quel programme ! A vous d'apporter votre pierre, elle est nécessaire. »

Sitôt entendu sitôt fait : nous avons donc apporté nos kilos d'argile, persuadées que la réalité vécue en terme de rencontres, correspondrait, une fois encore, aux si beaux mots prononcés. Ce fut le cas.
Pour notre part après avoir tenu un stand aux côtés de nombreuses associations engagées à la construction d'un monde plus solidaire, nous avons aussi animé un atelier « architecture terre » et parole, intergénérationnel bien sûr.
L’aînée et sans aucun doute la plus jeune de cœur de notre groupe, fêtait ses 90 ans. Venue découvrir l'argile, merveilleux vecteur de parole, on a vite découvert qu'elle apprenait chez elle à créer aussi des tableaux grâce au logiciel Photoshop, eu égard à ses doigts douloureux.
Avancer en âge avec tant d'énergie, de fraîcheur et de complicité avec les générations plus jeunes : un rêve pour tout le monde !

Apporter sa pierre et sa terre donc, mais aussi s'enrichir de celle des autres. Anaiz Funosas de l'association Bake bidea, J.P Massias, professeur de droit public ayant les conflits du monde entier pour terrain et Peio Ospital d'Atxik Berrituz, nous ont aidé avec tant de compétences à comprendre combien il était important de ne réduire personne aux violences commises que l'on soit d'Afrique du sud, du Congo, du Rwanda ou tout simplement d'ici.

Pour bâtir la pais, la société civile a décidément un rôle majeur à jouer, comment ne pas en être convaincu après les avoir écoutés ? Nous avons été particulièrement passionnées par toutes ces expériences de justice transitionnelle, si riches dans leurs diversités.

Merci aussi à l'économiste Elena Lasida qui a convaincu une assemblée bien fournie, combien il était nécessaire que l'écologie devienne aussi une expérience spirituelle.


Ensemble, prendre soin du sens et des mots est toujours une aventure dont on sort dynamisé et régénéré par l’espérance. Notre gratitude va donc vers cette équipe qui organise tous les deux ans ce Forum et qui cherche, paraît-il, de nouvelles recrues… A bon entendeur…

Compte-rendu sur leur site :
www.forum-cmpb.fr

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Le 20 MARS 2016
NOUS AVONS "DESSINE SANS COMPLEXES" !


Tout d'un coup, quelque chose de neuf et d'inattendu s'est passé à l'atelier : papier en feuille ou en rouleaux, pinceaux, brosses, crayons, feutres, bâtons de fusain et de pastel, encres de toutes les couleurs avaient remplacé, sur la vaste table de travail de notre atelier, les boules d’argile fraiche !

Changement de cap : pourtant si complémentaire à notre habituel travail en volume… cette fois-ci, nous allions habiller de toutes les manières possibles, les grandes surfaces blanches qui nous étaient offertes (merci au passage à « Espace copie » pour la récupération de ses chutes de papier) !

Grâce à l’inventivité sans limite de Marion, dont nous suivions avec grande docilité les consignes (enfin presque !), nous sommes passées en un clin d’œil, du trait hésitant et un peu méticuleux, aux grandes volutes virevoltantes qui tout à coup se sont mises à danser, à se poursuivre, à s’entrelacer dans une joyeuse sarabande colorée.

Pas à pas, ou plutôt main à main, et mine de rien (mine de crayon bien sûr) nous sommes passées à la construction en rythme, au dessin les yeux fermés… avons découvert que notre main gauche suivait en miroir la droite pour peu que nous la laissions faire, que l’on pouvait dessiner à main levée sans regarder notre papier et que c’était, sinon ressemblant, toujours surprenant ! que dessiner avec un pinceau qui pend au bout d’une ficelle, c’est entrer dans une démarche de grande démaitrise qui peut nous entraîner, dans des grands éclats de rire, plus loin qu’on ne pourrait penser !

Mais, nous ne pouvons tout dévoiler, car cela se découvre et se goûte et se vit dans les mains, les bras, les épaules et tout le corps finalement, car… pour terminer cette journée avec toutes nos mains déployées, nous avons fait danser la barbotine, délicieusement douce au rythme du jazz et de la musique classique !





Pour la suite de l’année :
- Nous envisageons de refaire ce premier atelier le 30 avril pour les personnes qui n’ont pas pu venir en mars
- Puis continuer par une seconde journée le 11 juin dont le thème sera « faire chanter la couleur ».

Pour vous inscrire cliquez sur :
"INFOS - NOUVELLES DE L'ASSOCIATION »

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20 JANVIER 2016 - HOMMAGE

Nous aimerions pour ce premier article, rendre hommage à deux «jeunes hommes de l’ombre » grâce auxquels nous communiquons avec vous depuis si longtemps.

Cette année 2016, nous fêterons le dixième anniversaire de notre entrée dans le monde de l’informatique ! Pressées de toutes parts, nous avions non seulement consenti à nous équiper d’un ordinateur mais aussi à la réalisation d’un site pour donner une meilleure visibilité à Parole et Racines. Pour Les dinosaures que nous avons la réputation d’être, ce fut une belle aventure, atypique s’il en est ! Sollicités par un ami, ce sont deux jeunes informaticiens-designers-programmateurs-infographistes parisiens qui se sont attelés à la tâche, en lien avec nous par courrier et téléphone ! Victor à l’infographie et Antoine à la programmation ; mission accomplie en un temps record, avec succès et sans aucun raté !

Ce fut pour eux une première collaboration de laquelle est sorti notre site, tel que vous pouvez le visiter encore ; mais pas seulement, car Antoine et Victor après avoir travaillé ensemble, ont eu l’idée de s’associer ! L’entreprise de Victor s’appelait alors Slowsimmer (qui mijote doucement) ; la nouvelle-née s’est appelée Fastboil (qui bout à gros bouillons) !

Puis Antoine m’a initié aux rudiments de la mise à jour ; a hébergé gratuitement notre site depuis 10 ans et prodigué sans avarice ses conseils. Tout récemment encore, les petits changements structurels nécessaires après le passage de Brakoténia à Arbaila, ont été promptement réalisés... avec comme seule rémunération une tome de fromage de brebis pour Noël, devenue incontournable il faut le dire.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là ; fin décembre un virus malveillant, malencontreusement introduit dans notre ordinateur par une pièce jointe trop vite ouverte, a rendu illisible par cryptage la quasi-totalité de nos dossiers (documents, photos, mails…). Panique et longue incertitude pendant les temps de fête ! En fin de comptes, en mettant toutes les sauvegardes bout à bout, le puzzle n’avait plus que quelques trous. Ouf ! Une amie nous a prêté un portable « en attendant » ; mais il nous faut nous ré-équiper et le devis est inévitablement élevé puisqu’à nouvel ordinateur il faut aussi ajouter nouveau scanner et nouvelle imprimante (merci l’obsolescence et et la dictature de Microsoft !). Mais, c’est sans compter sur Fastboil qui, « par hasard a un ordinateur qui traîne et qui ne sert à rien ».

C’est donc encore une fois grâce à « nos hommes de l’ombre » que nous continuerons à communiquer. Merci Antoine, merci Victor.

PS Le siège de leur entreprise est situé Boulevard de Charonne. Relier ainsi par la solidarité ce lieu douloureusement marqué par la violence à nos paisibles montagnes, n’est pas sans signification symbolique !



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POURQUOI DONC CE TITRE ? suite...

Faisons un détour par l’étymologie :

Dans son édition de 1878, le Littré, dictionnaire de la langue française (5 kg pour aller des lettres A à C tout de même ) nous apprend que le mot clapotis ou son synonyme, clapotage, désigne « le mouvement vif et rapide des vagues et surtout, le bruit qui résulte de ce mouvement que le vent communique à la mer et qui soulève à sa surface des ondes courtes et pressées »… que tous ces mots de la même famille, claper, clapot, clapotant, clapoteux… ont une racine allemande klappen, « faire du bruit ».

Retenons de cette définition ce quelque chose qui s’apparente à de l’urgence, qui semble fait pour attirer notre attention ; il y est question du mariage de l’eau et de l’air, de la mer et du vent, d’un mouvement vif qui se transmet et qui circule.

C’est cela que nous aimerions vous partager dans « le clapotis des jours » : ces petits mouvements infimes de la vie, ces événements insignifiants qui se conjuguent entre eux et soulèvent à la surface de notre vie « des ondes courtes et pressées» qui font d’elle autre chose qu’une mer d’huile ou une eau stagnante, un liquide aux normes et mis en bouteille sagement étiquetée ; ces événements insignifiants en apparence, qui font de notre vie une source qui gambade, charrie aussi son lot de troncs et de débris, mais grossit de rencontrer d’autres ruisseaux…
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